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Table ronde “Les temps de l’art : création et réception”

Responsable scientifique : Agnès Callu (Ecole des Chartes/ CNRS/ Musée des Arts Décoratifs)

Participants :

  • Agnès CALLU (Ecole des Chartes/IHTP),
  • Giovanni CARERI (EHESS),
  • Etienne JOLLET (Paris I),
  • Olga KISSELEVA (Paris I/CNRS)
  • Hugo Daniel (Université Paris 1/ HiCSA)

Programme collectif de recherche porté par : Agnès CALLU (Ecole des Chartes/IHTP), Giovanni CARERI (EHESS), Etienne JOLLET (Paris I), Olga KISSELEVA (Paris I/CNRS)

Giovanni Careri (EHESS) : Introduction du projet “Le contemporain : histoire, théorie, pratiques

Il s’agit d’associer un certain nombre de groupes de recherches relevant du Labex CAP autour d’une réflexion commune sur les modalités du « contemporain » dans le champ des arts visuels.  L’importance sociale, économique et culturelle de « l’art contemporain » invite à réfléchir sur une notion trop souvent employée sans qu’en soient toujours mesurés les enjeux (ainsi dans la relation au « moderne », ou au « nouveau », ou à « l’actuel », ou au « présent »): lors même que ce que son étymologie appelle, le partage d’un temps et, au-delà, d’un monde, constitue aujourd’hui l’un des enjeux politiques majeurs (on gardera à l’esprit la formule d’Ernst Bloch : « Tous ne vivent pas présents dans le même temps présent” « ).

Loin en outre d’être réservé à la production la plus récente, le terme de « contemporain » doit être pensé dans son historicité, notamment dans le cadre d’une réflexion générale sur l’évolution historique (le jeu sans cesse recommencé du conflit entre « anciens » et « modernes »), mais aussi dans le suspens de la temporalité historique, tel que mis en exergue par certains philosophes (Benjamin) ou artistes (P. Klee). Il faut en outre tenir compte des effets d’avance et de retard liés à une circulation des modèles (les jeux entre centre et périphérie, au sein d’une géographie de l’art, désormais à l’échelle mondiale). Il apparaît dès lors important de savoir extraire la notion du devenir collectif pour le penser à l’échelle de l’oeuvre, dans son processus créatif, tant dans la relation de l’artiste à son oeuvre que dans celle-ci associant celle-ci à une production concomitante. Pour ce faire, l’étude des différentes étapes de la création, et notamment le dessin/dessein ainsi que sa forme actuelle, le design, doit être privilégiée. La pratique artistique, loin d’être réduite au seul statut d’objet d’étude, peut être considérée comme un mode d’investigation propre, susceptible d’enrichir l’étude du « contemporain » par la définition, problématique et donc heuristiquement fertile, d’un « extrême contemporain ». Elle oblige enfin à s’interroger sur ce que la notion, en tant que notion, apporte mais aussi manque dans la définition de ce qui peut certes se penser mais aussi se ressentir – ou encore, se faire.

Le mode d’investigation proposé est celui d’une série de quatre débats organisés durant l’année universitaire 2014-2015 autour d’invités, a priori extérieurs au monde des arts visuels, de façon à permettre de définir et les spécificités et les limites de notre champ d’étude, ainsi que de tirer au mieux parti des réflexions menées par les historiens, les théoriciens et les praticiens.

Agnès Callu (Ecole des Chartes/ CNRS/ Musée des Arts Décoratifs) : “L’en-cours : pour une génétique du dessin”

Ancienne élève de l’École nationale des Chartes (thèse publiée sur la Réunion des musées nationaux sous la IIIe République, Prix Lenoir) et de l’Institut national du Patrimoine (INP), Docteur en histoire contemporaine de l’IEP / Sciences Po – Paris (thèse publiée sur le philosophe nietzschéen Gaëtan Picon, Prix Chaix d’Est Ange), Agnès Callu est historienne, conservateur du Patrimoine au musée des Arts décoratifs, chargé du Cabinet des Dessins, chercheur permanent au CNRS (Institut d’histoire du temps présent, IHTP) et chercheur associé à Sciences Po (Centre d’Histoire de Sciences Po, CHSP), chargé de conférences à l’École pratique des hautes études (EPHE)

http://www.ihtp.cnrs.fr/spip.php%3Farticle640.html

  1. « Epistémologie du dessin : concepts, lectures et interprétations, XIX-XXIe siècle » (programme démarré depuis l’année universitaire 2012/2013)

http://calenda.org/259012

  1. « Dessin et temps présent : pour une génétique de l’en cours et de l’inachevé » (programme démarré depuis l’année universitaire 2013/2014, avec le soutien du Labex CAP)

http://calenda.org/261016

Olga Kisseleva (Université Paris 1- ACTE) : “Contemporanéité et processus expérimental”

http://www.kisseleva.org/

http://www.institut-acte.cnrs.fr/art-sciences/membre/olgakisseleva/

Artiste et chercheur, Olga Kisseleva dirige le Laboratoire Ar&Science à l’Institut ACTE Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – CNRS UMR 8218. Elle est MCF HDR à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Le mode opératoire de l’artiste Olga Kisseleva s‘inscrit dans une démarche scientifique expérimentale. Un décalage, détecté au cours d’un processus ou dans le fonctionnement d’une structure, l’amène à formuler une hypothèse, expliquant l’observation en question, et dans la mesure du possible, à proposer une solution à la problématique. Cet engagement peut emprunter des médiations nombreuses, des supports et des modes de présentation aussi divers que les situations elles-mêmes. Mais il implique toujours, pour le spectateur comme pour l’artiste, la fidélité à un mot d’ordre, la vigilance, et s’en remet à un principe de responsabilité, qui nécessite l’instauration de relations ouvertes entre les différents éléments mis en jeu par les propositions esthétiques.

Le oeuvres d’Olga Kisseleva font partie de nombreuses collections. Son travail a notamment été présenté au Centre National d’Art Contemporain (Moscou, Russie), MoMA (New York, USA), à l’ARC (Paris, France), à KIASMA (Helsinki, Finlande), au Consortium (Dijon, France), au Musee Nacional Centro de Arte Reina Sofia (Madrid, Espagne), dans les Biennales de Venise, d’Istanbul, de Berlin, et de Moscou…

  1. « Contre Temps » est un projet pluridisciplinaire autour du thème du temps, mené par conjointement le Laboratoire Art&Science de l’Université Paris 1Panthéon-Sorbonne / CNRS et le Louvre Lens. Démarré en juillet 2013 ce projet à pour but de mettre en regard une vaste gamme de réflexions contemporaines autour de la notion du temps. Cette notion sera abordée sous ses multiples facettes par des scientifiques, des critiques d’art, des philosophes et des créateurs : chacune des interventions entrant en dialogue avec les autres et permettant ainsi un échange entre les disciplines représentées. La migration de la perception spatiale du temps, l’accélération et la décélération, les nouveaux rythmes de la vie humaine et leurs enjeux, les temps physiques et biologiques font partie des multiples thématiques abordées dans le cadre de ce projet.
  2. « Œuvres interdisciplinaire » est un programme démarré part le Laboratoire Art&Science au printemps 2014. Ce programme traite des œuvres collaboratives par définition, en voie de trouver un subtil équilibre pour se placer des « espace-temps » interdisciplinaires propices à la production de situations de travail. Dans ce travail, les collaborateurs sont dans un « espace » étroit et entretiennent des relations de proximité, ils se rapprochent et apprennent à se parler, à devenir plus efficaces les uns avec les autres.

http://art-science.univ-paris1.fr

http://www.institut-acte.cnrs.fr/art-sciences/

Giovanni Careri (EHESS – CRAL) : Présentation du Workshop 2014/2015

http://cehta.ehess.fr/index.php?271

Directeur du Centre d’Histoire et Théorie des Arts, Giovanni Careri est Directeur d’études à l’EHESS de Pris et professeur à l’Ecole des beaux-arts de Lyon. Ses recherches portent toujours sur des objets singuliers et singulièrement complexes : le ‘montage’ des arts dans les chapelles baroques du Bernin (Envols d’amour, 1990), le réseau des tableaux, pièces de théâtre et  ballet qui ont repris la Jérusalem Délivrée du Tasse (Gestes d’amour et de Guerre, 2005), la visualisation de l’histoire chrétienne dans son rapport à l’altérité juive, La torpeur des Ancêtres. Juifs et Chrétiens dans la chapelle Sixtine (2013) Il est également engagé dans la recherche en art contemporain (Face au réel. Éthique de la forme dans l’art contemporain, 2008, publié avec Bernhard Rüdiger avec lequel il partage la responsabilité du groupe Art Contemporain e Temps de l’Histoire).Son approche historique et critique a recours aux outils et aux questions de l’anthropologie et de la sémiotique.

http://www.ensba-lyon.fr/recherche/acth/

Hugo Daniel et Emilie Bouvard (Université Paris 1/ HiCSA) : “Les processus créatifs : Expériences, représentations et significations de la production de l’œuvre d’art au vingtième siècle “

Entre méconnaissance et représentations, les conditions et les modes de création artistiques font l’objet de nombreuses interrogations pour l’historien de l’art. Les modifications de la nature et du statut de l’œuvre d’art au cours du vingtième siècle soulignent l’importance de comprendre la création comme un processus.

Organisé sur trois ans, le séminaire Processus Créatifs s’est proposé de réfléchir sur les conditions de la production artistique en tant que telles, en mobilisant chercheurs et artistes.

L’élaboration, matérielle ou immatérielle, de l’œuvre d’art y a été abordée non pour entretenir ou asseoir les représentations qui leur sont associées mais pour en comprendre les ressorts, les variations, et en soulever les enjeux. En soulignant que le processus créatif est un processus significatif, la réflexion s’est déplacée d’un regard centré sur l’objet compris comme une finalité, à une réflexion sur le procès. Dès lors, il faut étendre à toute production artistique ce qui a été mis en évidence dans certaines pratiques : la manière de produire importe autant que le résultat matériel.

Lors des séances du séminaire, s’est imposé le constat que les processus créatifs interrogent la temporalité du faire artistique, en démontrant qu’une représentation chronologiquement linéaire des actes et de la pensée artistique sont mises à mal dans les pratiques. En ce sens le processus créatif mobilise la temporalité artistique en la complexifiant.