Tag Archives: Création

Table ronde “Les pratiques créatrices comme pratiques sociales : enjeux, fonctions, catégorisations”

Responsable scientifique : Jean-Marie Schaffer (CRAL-EHESS)

Participants :

  • Giovanni Careri (EHESS-CRAL),
  • Pascal Rousseau (Paris 1 –  HiCSA)
  • Marie Ange-Brayer (Centre Pompidou),
  • Viviana Biroli,
  • Nathalie Blanc (Ladyss)
  • J-M. Schaeffer (CRAL)
  • Aline Caillet, (Paris 1 – ACTE),
  • Emeline Bailly, CSTB)
  • Agnès Levitte, (CRAL),
  • Anne Tüscher, (Ensa Paris La Villette)
  • Thea Manola, (Ladyss)
  • Emeline Eudes, (Ladyss);
  • Philippe Roussin, (CRAL)

Introduction générale (JM Schaeffer)

Les différents programmes réunis dans cette thématique interrogent les pratiques créatrices dans la manière dont elles s’entretissent avec le social et le politique dans les sociétés modernes et contemporaines. Le point commun est que le social n’est pas vu comme extérieur aux pratiques créatrices et en particulier aux pratiques artistiques. Ceci pose un certain nombre de questions qui vont en s’élargissant.

Comment penser les relations entre la création, le pouvoir et le politique  (projet Louis Marin)? Présentation Giovanni Careri, discussion

Une des portes d’entrée dans cette question consiste à traiter les pratiques créatrices sous l’angle de leur statut de représentations, c’est-à-dire comme signes émis et signes reçus. Cette façon de s’interroger sur le rôle social des arts est couramment appliqué aux arts du passé, elle est plus difficile à manier pour les pratiques contemporaines parce que celles-ci font partie de notre propre monde. Pourtant il semble important de travailler dans cette direction. La représentation, le pouvoir, le politique.

Art, science, contrôle social (projet Mind Control) – Pascal Rousseau et Marie Ange- Brayer

Les sociétés modernes et contemporaines sont intimement liées au développement des sciences et surtout à leur reprogrammation en technosciences, mais aussi des sciences du contrôle social. L’art lui-même peut évidemment remplir une telle fonction ancillaire de contrôle social. Cette accointance est d’autant plus forte que, indépendamment du rôle propagandistique que l’art peut jouer ici ou là, il fonctionne constitutivement comme un un piège attentionnel, au sens où l’œuvre vise à prendre le contrôle de l’orientation de l’attention de celui qui en fait l’expérience. Il n’est donc pas étonnant que les artistes s’intéressent aux pratiques de contrôle. Un épisode particulièrement emblématique t à bien des égards exemplaire de cette relation entre art et psychologie est au centre d’un deuxième programme, déjà en cours d’exécution.

L’Art comme manifeste politique (projet Manart) – présentation Viviana Biroli, discussion

MANART, Présentation du projet

Présentation Manart, Journées du Labex, PDF

Comme toute pratique humaine, les pratiques créatrices ont leur propre pouvoir transformateur. Au XXe siècle ce pouvoir transformateur a été ouvertement revendiqué, souvent soit en synergie, soit en concurrence avec les prétentions du politique d’être le levier de la transformation sociale. D’où, entre autres, la pratique des manifestes, pratique intimement liée au modernisme.

La base de données numérique MANART se propose comme une plateforme évolutive et participative de recensement des manifestes artistiques et littéraires produits dans le courant du XXe siècle dans tous les domaines de la création (arts visuels, littérature, cinéma, théâtre, etc.), sans se limiter à un cadre géographique précis. Les études quantitatives et qualitatives ciblées rendues possibles par cette base de données permettent aux chercheurs d’interroger tous les différents aspects de l’évolution du manifeste artistique et littéraire au fil du temps : de son âge d’or à l’heure des avant-gardes historiques à ses retours récents dans des formes singulières et hybrides.

Au fil des évolutions de cette pratique textuelle il sera alors possible de lire, en filigrane, une histoire de différents rôles que l’artiste et ses prises de position revendiquent et se voient attribués dans une société.

Ecologies urbaines, pratiques créatrices, valeurs esthétiques.

Vivre et créer la ville – Présentation du contexte global – Nathalie Blanc et JM Schaeffer

Présentation des sous-projets :

1) Ilot Saint Denis (Caillet) ;

2) Tram (Agnès Levitte);

3) Pratiques sauvages (Théa Manolo) ;

4) Cartographies urbaines subjectives (Karen O’Rourke ?) ;

5) Ville, littérature, démocratie (Roussin)

Discussion

 

Table ronde “Enseigner la création”

Participants :

  • Armand Behar (ENSCI)
  • Guy Lambert (Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Belleville),
  • Eleonore Marantz (Université Paris I),
  • Valérie Nègre (Ecole nationale supérieure d’architecture Paris La Villette),
  • Nadia Podzemskaia (CRAL, CNRS/EHESS),
  • Antonella Tufano (Ecole nationale supérieure d’architecture Paris La Villette)

Bibliographie

Si vous ne voyez pas la cartographie ci-dessus, cliquez sur : http://www.pearltrees.com/atelierslabexcap2014/table-ronde-enseigner-creation/id11912478

La table ronde porte sur les interactions entre enseignement de la création et création, et plus précisément sur les pratiques et les objets qui favorisent, ou ont pu favoriser, l’apprentissage du « projet ». Trois thèmes sont développés :

Montrer/ manipuler / expérimenter

Ce que font les professeurs : ce qu’ils montrent, les supports (dessins objets) et les matériaux qu’ils utilisent ; ce que font les élèves : les manipulations, les expérimentations, les visites, sont des pratiques centrales dans l’enseignement de la création et néanmoins mal connues. On discutera des méthodes permettant d’affiner la connaissance que l’on peut avoir de ces pratiques. Dans le contexte d’une généralisation de l’image animée et de l’imagerie numérique, la mutation des outils de représentation, de conception et de diffusion invite plus que jamais à interroger cet apprentissage des arts.

Documenter/ enregister/ archiver

Le manque d’intérêt pour les différentes pratiques de l’enseignement de la création et leurs supports s’explique en partie par le caractère éphémère et complexe de ces objets d’étude. Ce qui se dit, se fait, se dessine, se construit, les gestes, les mouvements du corps ne laissent souvent que des traces fragmentaires. Il faut les reconstruire à partir de sources indirectes, rassembler des ensembles de dessins, d’objets, de cahiers, de photographies, de films, d’écrits divers dispersés (collections des Musées, des Ecoles, documents d’archives, etc.). Sans parler des archives orales (entretiens avec les élèves, les assistants, etc.) qui sont à recueillir. Ce travail de « construction » des archives, nécessaire pour comprendre et favoriser les processus de création nécessite une mobilisation et un rapprochement des enseignants, des chercheurs et des conservateurs.

Recherche et création : la construction d’un nouveau mode de connaissance

Chaque créateur fait de la recherche par la création. Les outils de cette recherche par la création sont multiples : un “journal de bord” de leur propre processus de création, un récit fragmentaire des différentes étapes de travail où se mêlent textes, images, esquisses, collages en tout genre, traces sonores et vidéo…Toute cette matière constitue une archive ouverte et évolutive dans laquelle le créateur puise pour constituer sa propre méthodologie de recherche.

Dans les écoles de création (design, architecture, art) le créateur-enseignant va s’appuyer sur cette expérience personnelle et professionnelle pour accompagner les étudiants dans ce chemin, les inciter à développer leurs propres protocoles de création.

Ainsi, pour comprendre ce qu’est la démarche de design by research il faut construire une « théorie du faire ». Il est question de comment ce travail d’hybridation, fondé sur l’expérience, technique et esthétique, peut être une chemin de connaissance et de recherche.